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Loi Lemoine : comment chaque emprunteur peut réduire le coût de son assurance de prêt immobilier, contourner les freins des banques et économiser jusqu’à 15 000 €.
27% des Français connaissent la loi Lemoine : l'enquête qui dérange les bancassureurs

Loi Lemoine, déficit d’information et économies manquées pour l’emprunteur

La promesse de la loi Lemoine économies emprunteur est simple : permettre à chaque emprunteur de changer d’assurance de prêt immobilier à tout moment, sans frais, pour réduire une facture souvent sous estimée. Pourtant, seuls 27 % des emprunteurs déclarent connaître réellement cette loi Lemoine, un recul de 6 points en un an alors même que l’assurance emprunteur représente fréquemment le deuxième poste de coût d’un crédit immobilier après les intérêts. Ce décrochage interroge directement le respect du droit à l’information et la capacité des ménages à arbitrer entre leur contrat d’assurance groupe de banque et une délégation d’assurance plus compétitive.

Les chiffres sont clairs : 92 % des emprunteurs qui ont utilisé la loi Lemoine pour changer d’assurance prêt ont réalisé des économies, parfois jusqu’à 15 000 euros sur la durée d’un prêt immobilier standard. Sur un crédit immobilier de 200 000 euros sur vingt ans, les écarts de primes entre un contrat d’assurance groupe bancaire et un contrat individuel peuvent atteindre 10 000 à 28 000 euros, selon le profil de santé et les garanties choisies. Dans de nombreux contrats, la quotité, les garanties d’incapacité temporaire de travail, d’invalidité permanente totale ou de perte totale et irréversible d’autonomie restent facturées au prix fort alors que le risque réel diminue avec le temps.

La loi Lemoine s’inscrit dans une séquence législative plus large qui a commencé avec la loi Lagarde puis la loi Hamon, toutes deux déjà favorables au droit de résiliation de l’assurance emprunteur. La nouveauté tient à la résiliation à tout moment, sans attendre la date anniversaire du contrat, et à la suppression du questionnaire de santé pour de nombreux emprunteurs loi Lemoine dont le prêt immobilier est inférieur à un certain seuil et se termine avant un âge donné. « La loi Lemoine offre une flexibilité inédite aux emprunteurs. » et « Les économies réalisées peuvent être substantielles. »

Banques, obligations légales et résistances face au droit de résiliation

En théorie, chaque banque doit informer clairement ses emprunteurs de leur droit de résiliation d’assurance prêt, que ce soit au titre de la loi Lemoine, de la loi Hamon ou de la loi Lagarde. En pratique, 54 % des emprunteurs avec crédit en cours déclarent n’avoir jamais été informés de la possibilité de résilier leur assurance emprunteur, ce qui crée un écart manifeste entre la lettre de la loi et la réalité commerciale. Ce déficit d’information maintient des millions de contrats d’assurance groupe coûteux, alors que la concurrence entre assureurs a fait baisser les primes et diversifier les garanties.

Les autorités de contrôle ont commencé à sanctionner ces pratiques, comme l’illustrent les amendes infligées à plusieurs établissements pour non respect des règles sur la résiliation et la délégation d’assurance. Les décisions récentes détaillées dans l’analyse sur les sanctions de la DGCCRF contre quatre banques montrent que certains réseaux ont freiné ou complexifié les demandes de résiliation d’assurance emprunteur. Derrière ces résistances, l’enjeu financier est massif, car les marges sur les contrats d’assurance prêt immobilier compensent souvent la baisse des taux de crédit immobilier.

L’ordonnance du 5 janvier impose désormais une information annuelle obligatoire sur le droit de résiliation et sur la possibilité de délégation d’assurance, avec un rappel explicite des conditions de résiliation et des garanties exigées. Chaque emprunteur doit recevoir un document clair indiquant le coût annuel de son contrat assurance emprunteur, son taux annuel effectif d’assurance et les modalités pour résilier assurance à tout moment. Si cette information n’arrive pas, l’emprunteur assurance a intérêt à saisir le service réclamation de la banque, puis le médiateur, en rappelant ses droits issus de la loi Lemoine et des textes antérieurs.

Comment utiliser la loi Lemoine cette semaine pour réduire le coût de son assurance emprunteur

La première étape concrète consiste à remettre la main sur son contrat d’assurance emprunteur actuel, qu’il s’agisse d’un contrat groupe de banque ou d’un contrat individuel déjà souscrit en délégation d’assurance. Il faut vérifier la quotité assurée, les garanties décès, invalidité, incapacité, la présence d’exclusions liées à la santé ou à la profession, ainsi que la prime mensuelle pour calculer le taux annuel effectif d’assurance. Cette lecture permet de comparer objectivement le coût total de l’assurance prêt immobilier sur la durée restante du crédit immobilier, et non seulement le taux nominal du prêt.

Deuxième étape, demander au moins un devis d’assurance prêt concurrent, en visant des garanties équivalentes ou supérieures à celles du contrat actuel, notamment sur l’incapacité temporaire de travail et l’invalidité permanente. Les comparateurs en ligne peuvent aider, mais beaucoup sont rémunérés par les assureurs, d’où l’intérêt de croiser plusieurs devis et de lire les conditions générales de contrats, y compris pour les profils de malades chroniques ou anciens malades bénéficiant de la convention AERAS. Pour comprendre comment la réglementation encadre la distribution d’assurance emprunteur, un détour par l’analyse sur la directive sur la distribution d’assurance permet de mieux saisir les obligations de conseil et de transparence.

Troisième étape, examiner précisément le questionnaire de santé ou le questionnaire médical proposé, et vérifier si la suppression du questionnaire de santé s’applique au regard du montant du prêt et de sa durée. La loi Lemoine et la convention AERAS renforcent le droit à l’oubli pour certains anciens cancers ou pathologies, ce droit oubli santé évite des surprimes injustifiées pour de nombreux emprunteurs. Quatrième étape enfin, envoyer la demande de résiliation et de substitution à la banque, en joignant le nouveau contrat assurance et en rappelant le droit de résiliation à tout moment, tout en surveillant les délais de réponse et, si besoin, en sollicitant des acteurs spécialisés comme la SACCEF dont le rôle dans l’assurance emprunteur est détaillé dans cette analyse dédiée.

Données clés sur la loi Lemoine et les économies pour l’emprunteur

  • 92 % des emprunteurs qui ont changé d’assurance grâce à la loi Lemoine ont réalisé des économies sur leur prêt.
  • Les économies potentielles peuvent atteindre 15 000 euros sur la durée d’un prêt immobilier standard.
  • Les changements d’assurance emprunteur sont en hausse depuis l’entrée en vigueur de la loi Lemoine.
  • La concurrence accrue entre assureurs a contribué à la baisse des primes d’assurance emprunteur.
  • La suppression du questionnaire de santé sous conditions élargit l’accès à l’assurance pour de nombreux emprunteurs.

Questions fréquentes sur la loi Lemoine et l’assurance emprunteur

Comment la loi Lemoine permet elle de faire des économies sur l’assurance emprunteur ?

La loi Lemoine autorise la résiliation de l’assurance emprunteur à tout moment, ce qui permet de quitter un contrat groupe bancaire coûteux pour un contrat individuel moins cher à garanties équivalentes. En mettant en concurrence plusieurs assureurs, l’emprunteur peut réduire significativement le coût total de son assurance prêt immobilier sur la durée restante du crédit. Les économies constatées vont de quelques milliers d’euros à plus de 15 000 euros selon le profil et le montant emprunté.

Quelles sont les conditions pour bénéficier de la suppression du questionnaire de santé ?

La suppression du questionnaire de santé s’applique lorsque le montant cumulé des prêts immobiliers assurés reste sous un certain plafond et que le terme du prêt intervient avant un âge limite fixé par la loi. Dans ce cadre, l’assureur ne peut plus exiger de questionnaire médical détaillé, ce qui évite les surprimes liées à l’état de santé passé. Cette mesure facilite l’accès à l’assurance emprunteur pour les personnes ayant eu des problèmes de santé, tout en sécurisant leur projet immobilier.

Le droit à l’oubli santé est il automatique pour tous les emprunteurs ?

Le droit à l’oubli santé ne s’applique pas à toutes les pathologies ni à toutes les situations, il est encadré par la convention AERAS et par des délais précis après la fin des traitements. Pour certains cancers et maladies, l’emprunteur n’a plus à déclarer son ancienne pathologie dans le questionnaire de santé passé un certain nombre d’années sans rechute. Ce droit à l’oubli permet de limiter les exclusions et les surprimes dans les contrats d’assurance emprunteur, mais il reste nécessaire de vérifier les grilles de référence en vigueur.

Que faire si la banque refuse la délégation d’assurance malgré la loi Lemoine ?

Si la banque refuse une délégation d’assurance alors que le nouveau contrat présente des garanties équivalentes, l’emprunteur doit demander une justification écrite et rappeler les textes sur la loi Lemoine, la loi Hamon et la loi Lagarde. En cas de blocage persistant, il peut saisir le service réclamation, puis le médiateur de la banque, voire alerter les autorités de contrôle compétentes. Documenter chaque échange et respecter les délais de réponse est essentiel pour faire valoir son droit de résiliation et de substitution d’assurance emprunteur.

Changer d’assurance emprunteur a t il un impact sur le crédit immobilier lui même ?

Le changement d’assurance emprunteur via la loi Lemoine ne modifie ni le taux nominal ni la durée du crédit immobilier, il agit uniquement sur le coût de l’assurance associée. La banque conserve la même garantie de remboursement, à condition que le nouveau contrat offre des garanties au moins équivalentes à l’ancien. Pour l’emprunteur, l’impact se traduit par une baisse de la mensualité globale ou par une réduction du coût total du projet immobilier sur la durée.

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